OGM et toxicité ruinent la santé à petit feu

OGM et toxicité ruinent la santé à petit feu

Après le verdict de la Haute Cours de Paris dans l’affaire opposant le Professeur Gilles-Eric Séralini et le magazine Marianne, il reste établi que les rats nourris aux OGM développent des tumeurs et meurent prématurément, tandis que la toxicité à long terme causée notamment par le Round up, l’herbicide le plus dangereux de la planète, détruit la santé du foie et des reins.

La Publication en 2012 par le Professeur français Gilles-Eric Séralini et son équipe de scientifiques d’une étude intitulée, « Toxicité à long terme de l’herbicide Round up et d’un maïs génétiquement modifié pour tolérer le Round up », a déclenché une vague de réactions à la fois hostiles et bienveillantes émanant de deux camps entrés en affrontement.

L’étude ainsi engagée avait pour objectif d’évaluer la toxicité potentielle à long terme de la consommation de maïs OGM ainsi que de l’exposition inhérente au Roundup. Par le plus grand des hasards, le Professeur Séralini et son équipe découvrent que des rats nourris avec des organismes génétiquement modifiés  développent des tumeurs et meurent prématurément. Ces images ont été portées à la connaissance de l’opinion, au nom dira-t-on du droit du public à l’information.

La présentation des résultats de l’étude réalisée par Séralini, illustrée par des rats ayant d’énormes tumeurs, a déclenché de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique. D’un côté les défenseurs de Séralini, de l’autre les pro-OGM parmi lesquels l’ancien scientifique de Monsanto, Richard E. Goodman qui a ensuite été nommé au sein de l’équipe de rédaction de la revue Food and Chemical Toxicology (FCT).

Manoeuves des pro-OGM

 Par la suite, l’étude du Professeur Séralini sera tour à tour publiée en 2012 puis retirée en 2013 dans la revue Food and Chemical Toxicology (FCT). La raison ? Wallace Hayes, le rédacteur en chef de FCT a précisé que « l’étude n’était pas frauduleuse ni inexacte, mais pas concluante ». Sans rire, d’après un article du magazine Marianne publié en 2012, Séralini et son équipe sont accusés de s’être livrés à une « fraude scientifique dans laquelle la méthodologie avait servi à renforcer des résultats prédéterminés ».

Ce même article remettait également en cause la durée de deux ans pendant laquelle s’est déroulée la recherche. De l’avis du camp opposé aux scientifiques, 90 jours suffisent largement pour mener à bien une étude de cette nature.

Avec le soutien de nombreux scientifiques internationaux, Séralini et le CRIIGEN (le Comité de recherche et d’information indépendante sur le génie génétique) contre-attaquent les accusations du magazine Marianne et de son journaliste Jean-Claude Jaillet. Les chercheurs, assistés par les avocats Bernard Dartevelle et Cindy Gay gagnent le procès contre le magazine Marianne.

Dans la foulée, après une enquête de trois ans, conclue le 25 novembre 2015, la Haute Cour de Paris inculpe Marc Fellous, l’un des accusés dans le procès en diffamation contre Marianne. A l’époque des faits, il était le président de la Commission du Génie Biomoléculaire qui avait approuvé sans discuter de nombreux produits génétiquement modifiés à la consommation.

Marc Fellous, aurait été accusé de faux et usage de faux, pour avoir utilisé la signature d’un scientifique pour « prouver » que Séralini et son équipe s’étaient trompés dans leur étude qui a conclu que le maïs Roundup Ready de Monsanto était impropre à la consommation jusqu’à ce que d’autres études soient entreprises. Or d’après les faits, avec à l’appui « des preuves irréfutables », l’étude réalisée par le Professeur Séralini a démontré que la toxicité chronique cause de graves dommages sur la santé du foie et des reins.

Il convient de rappeler que cette étude n’avait rien en commun avec une étude relative au processus de formation ou de développement du cancer à grande échelle. D’où la simple mention des tumeurs, l’absence d’une analyse statistique les concernant spécifiquement ainsi que des résultats de mortalité y relatives.

Par contre, l’étude sur la toxicité chronique et ses effets dans l’organisme a obéi aux principes du protocole de toxicité chronique de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique), qui exige que toutes les « lésions », y compris les tumeurs, observées soient enregistrées.

Autre pièce à verser dans ce dossier. L’enquête de la Cour a découvert que le journaliste américain Henry Miller, via le magazine Forbes réputé pour ses positions pro-OGM, avait pris les devants en publiant des attaques diffamatoires contre les travaux de l’équipe du professeur Séralini.

Monsanto au défi

 Soulignons que la cabale relative aux travaux du professeur Seralini a produit un large écho au sein de la communauté scientifique. Lorsque le dossier éclate le 28 novembre 2013, une étude brésilienne portant sur les effets des insecticides dans l’organisme animal est diffusée à la même période. L’étude démontrait que les gènes de départ du maïs Bt avec insecticide ne se désintègrent pas dans l’estomac des mammifères comme le prétend Mosanto, mais survivent intacts et nuisent aux cellules sanguines des mammifères. Par ailleurs, Environnemental Sciences Europe a diffusé en 2014 les travaux de Séralini rejetés par la revue Food and Chemical Tocixicology. En outre, Scientists for Global Responsability a publié le 26 février 2015 une mise au point relative au retrait de « l’étude capitale de l’équipe de Séralini », dans la revue FCT.

En réaction aux « controverses méthodologiques » suscitées par leurs travaux, Séralini et le CRIIGEN ont publié en juin 2016 une nouvelle version de l’étude sur la toxicité chronique, afin de rendre publiques toutes les données brutes y relatives. Répondant aux responsables du site Reporterre, le CRIIGEN précise : « L’étude a simplement été réécrite, pour mettre en avant les effets du Roundup plutôt que ceux des OGM ». En relançant les débats, les scientifiques privilégient cette fois la transparence scientifique. Mettant la société Monsanto au défi, ils l’invitent à en faire autant et « réclament le libre accès aux études toxicologiques ayant permis la mise sur le marché des différentes formulations de Roundup, la mise en accès libre des données brutes (urinaires et sanguines) des analyses de toxicologie pour tous les produits ».

Il demeure de notoriété publique que Monsanto, au nom du sacro-saint secret industriel et du droit à la propriété intellectuelle, n’a jamais dévoilé le contenu des études menées sur ses différents produits.

Emmanuel Mba Ngono

 

Sources : Paul Fassa , realfarmacy.com & sain-et-naturel.com