Mouvements des immigrants au Maroc et en Libye

850 migrants atterrissent à Ceuta et Melilla
Aux frontières nord du Maroc, depuis le week-end dernier, 850 migrants africains ont réussi à franchir l’enclave espagnole sécurisée de Ceuta. Il faut constater pour le souligner que cette irruption migratoire a lieu au moment où le Maroc et l’Europe ne parviennent pas à trouver un terrain d’entente sur l’application d’un accord de libre-échange sur les produits agricoles.
Cet accord, conclu il y a dix ans, a été remis en cause en décembre 2016, par la justice européenne au motif que le texte adopté par les deux parties ne s’appliquait pas sur le territoire contesté du Sahara occidental. Réaction du Maroc : au cas où la mésentente persiste le Royaume chérifien ne pourrait plus contrôler l’explosion migratoire qui couve en permanence sur ses frontières.
Depuis 2005, le Maroc a déployé des mesures énergiques pour démanteler les installations construites par les migrants qui veulent se rendre en Europe, en passant par Ceuta et Melilla. « Avec 850 migrants arrivés en Espagne ce week-end, c’est en tout cas la première fois depuis 2005 qu’un aussi grand nombre de personnes parvient à rejoindre l’enclave de Ceuta clandestinement », concluent les observateurs.
En Libye, deux vols aériens viennent de rapatrier 334 immigrants qui y vivaient. Grâce à la collaboration établie entre l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les autorités libyennes, les missions diplomatiques du Nigéria et du Sénégal à Tripoli. Font partie de ce contingent, d’après des informations officielles, 162 immigrants nigérians et 172 Sénégalais.
La disparition de l’ancien président, Mouammar Kadhafi a imposé la Libye comme passage obligé pour les migrants africains qui, à leurs risques et périls, cherchent à atterrir en Europe. Ils ont recours aux services de nombreux trafiquants qui opèrent dans la région, depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.
Sur la base des témoignages des immigrés, victimes de graves violations de droits de l’homme, les associations humanitaires appellent régulièrement les autorités libyennes à traiter dignement les immigrés vivant dans leur pays.

Emmanuel Mba Ngono
Sources : Presstv &RFI Afrique