Les ravages de la guerre oubliée du Yémen : plus de 12 000 morts déjà enterrés

Personne ne pouvait imaginer le désastre vers lequel courait le Yemen en 2012, lorsque fut élu le président Abd Rabbo Mansour Hadi. Certainement que le départ de l’ex président Ali Abdallah Saleh a déclenché des scènes de joie à travers le pays. Mais depuis 2014, la réalité crève l’écran. Le conflit qui au départ opposait les rebelles chiites Houthis et les forces fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh s’est internationalisé.

2015 rappelle l’intervention de nombreux pays musulmans, placés selon les observateurs sous la conduite de l’Arabie Saoudite. Les bombardements incessants que subissent les populations enfoncent le Yémen dans l’une « des plus graves crises humanitaires au monde, avec près de 19 millions de personnes qui ne peuvent survivre que grâce à une assistance humanitaire », selon le constat établi le 22 mars dernier par six ONG françaises. Considéré comme l’Etat le plus pauvre de la péninsule Arabique, le Yémen importe 90 % de son alimentation. Le blocus international que lui a imposé la guerre aggrave davantage la crise alimentaire qui cause des ravages au sein des populations.

Le diktat de la puissance
Selon plusieurs sources, la guerre du Yémen a déjà fait plus de 12 000 morts et des dizaines de milliers de blessés depuis le 25 mars 2015. En deux ans, l’UNICEF a recensé 212 attaques sur des écoles et 95 sur des hôpitaux. Jean-François Corty, membre de l’équipe des Médecins du monde relève qu’il y a une véritable volonté de «destruction délibérée de ces infrastructures ». Dénonçant le silence et l’absence de réactions de la part de la communauté internationale, la presse iranienne écrit : « La guerre du Yémen se déroule à huis clos. Aucune voix de la grande conscience humaine n’a pris la peine de dénoncer ce massacre ».

Accusé à tort ou à raison, l’Arabie saoudite en raison de sa puissance financière et surtout du poids de son armement, pèse lourdement sur le cours des événements. Tenez : sur le marché international, ce pays est classé comme la deuxième puissance importatrice des armes, derrière l’Inde. L’Amnesty International évalue à 9,7 milliards d’euros le coût des armes importées par l’Arabie Saoudite entre 2010 et 2015. Relevons que parmi les plus gros exportateurs mondiaux d’armes figurent, par ordre décroissant, les États-Unis, la Russie, la Chine, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.
Emmanuel Mba Ngono
Sources : presstv & Wikipédia