Les chiffres sur le travail des femmes : gros plan sur l’égalité professionnelle

La Journée Internationale des Femmes fut officialisée par les Nations Unies en 1977. Elle est instituée à la suite des luttes menées par des femmes ouvrières et des femmes militantes qui réclamaient leurs droits professionnels et le droit de vote au début du 20ème siècle. Chaque édition du 8 mars offre ainsi l’occasion d’évaluer le chemin parcouru par les femmes et la société dans son ensemble, pour l’égalité des droits.
Les chiffres récents donnent à l’opinion la possibilité de s’imprégner des dures réalités qu’affrontent les femmes dans diverses sociétés à travers le monde. L’objectif étant le respect équitable des droits des femmes et des hommes, en tant qu’acteurs d’un monde en perpétuelle construction.

Le cabinet d’audit PwC a publié le panorama des inégalités professionnelles, titré « Women in Work Index 2017 ». Il a calculé l’indice des inégalités (sur une base de 100). Les chiffres des 33 pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) ont été analysé et comparé dans les trois domaines suivants : les écarts de rémunération, l’accès des femmes à l’emploi et la sécurité de l’emploi.
Abordant l’égalité professionnelle, (rémunérations, accès à l’emploi et sécurité de l’emploi), les pays nordiques, et notamment l’Islande, la Suède et la Norvège établissent une nette différence. Ils continuent d’occuper les premières marches du podium, avec des indices respectifs de 77,6%, 74,6% et 72,4%. La France, elle, obtient une moyenne de 60%, se plaçant à la 17e place du classement général.

Des avancées remarquables sont obtenues dans le domaine de l’égalité professionnelle dans plusieurs pays de la planète. Ainsi, le Royaume-Uni, prenant en compte tous les critères, a connu une légère amélioration de sa performance, passant de la 14e à la 13e position en 2015. La Pologne établit la plus grande amélioration annuelle, passant de la 12è à la 9è place en 2015, évolution justifiée par la baisse du chômage des femmes et de l’augmentation du taux d’emploi à temps plein. Evolution pareille pour Israël qui a fait un bond de plus de 10 places dans le classement depuis 2000, tandis que les États-Unis et le Portugal ont perdu du terrain.

Les chiffres de l’INSEE
Toujours sur l’égalité professionnelle, apparaissent encore plus édifiants les résultats que vient de publier l’Institut national de la statistique et des études économiques (l’INSEE) sur une étude nationale, 18 études régionales et 18 indicateurs clés sur les inégalités entre femmes et hommes tout au long de la vie. Sur le thème de l’emploi, bien des chiffres apparaissent en exergue.

1-Le taux d’activité des femmes est plus faible que celui des hommes: 64,4% de femmes actives contre 75,2% d’hommes.

2-Le taux de chômage des femmes est moins élevé que celui des hommes : 9,5% contre 10,5%. Depuis 2012 et la crise économique, le taux de chômage des hommes a en effet dépassé celui des femmes, la crise touchant des secteurs majoritairement « masculins » comme le BTP ou l’industrie.

3-Le temps partiel est 4 fois plus fréquent chez les femmes: 30,4% chez les femmes contre 7,9% chez les hommes. Le temps partiel progresse toutefois chez les hommes alors que son taux se stabilise chez les femmes. A noter que 24% des femmes et 11% travaillent à 80%. En 2015, la durée annuelle effective travaillée par les femmes à temps complet était de 1578 heures en moyenne contre 1707 heures pour les hommes soit 8% de moins.

4- La part de cadres est moins importante chez les femmes: on compte 20,5% d’hommes cadres vs 14,7% de femmes cadres.

5-Les femmes sont surreprésentées dans le secteur tertiaire (87,8% contre 64,6% d’hommes) notamment dans l’administration publique, l’enseignement, la santé et l’action sociale.

6-Les femmes sont plus exposées aux risques psychosociaux: à la pression temporelle, au manque d’autonomie ou de marge de manœuvre au travail, aux exigences émotionnelles, aux agressions physiques ou verbales…

7- Le salaire moyen annuel des femmes est de 24% inférieur à celui des hommes, soit 17 820 euros pour les femmes contre 23 400 euros pour les hommes. Un écart plus prononcé chez les diplômés et les cadres, et dans le secteur privé que le public. En équivalent temps plein (EQTP), cet écart s’élève à 17%.

En effet, l’écart de rémunération entre les hommes et les femmes reste encore important et fait partie des principales inégalités dont sont victimes les femmes.

8- Côté retraite, celle des femmes est de 26% moins élevée que celle des retraités hommes. La pension de retraite des femmes se monte en moyenne à 1202 euros par mois et celle des hommes à 1617 euros mensuels.

La réalité selon le CIDJ
A l’occasion de la sortie en 2016, de la 4ème édition du guide des secteurs qui recrutent, le Centre d’Information et de Documentation Jeunesse (CIDJ) a fait un gros plan sur les secteurs qui recrutent des femmes. Les principales tendances ci-après mettent en exergue les secteurs les plus féminisés d’une part et d’autre part, les secteurs qui manquent le plus de femmes.

Les secteurs les plus féminisés
• Banque (57%) et assurance (60%)
• Industrie pharmaceutique (57%)
• Propreté (67%)
• Economie Sociale et Solidaire [ESS] (67%)
• Gestion et administration des entreprises : employés administratifs (77%), employés de la comptabilité (85%) assistantes de direction (96%)
• Santé : 87% des infirmiers, 98% de sages-femmes, 90% d’aides-soignants, 73% dans le paramédical
• Services à la personne : 97% des aides à domicile et aides ménagères, 99% des assistantes maternelles, 95% des employées de maison.

Les secteurs qui manquent le plus de femmes

• BTP-construction (11%)
• Défense-sécurité (en moyenne 16% dans les postes techniques et administratifs)
• Transport-logistique : 42% dans les métiers de l’exploitation (organisation, suivi, optimisation) mais 18% dans le secteur du déménagement et 31% chez les prestataires logistiques.
• Informatique-numérique (27%).
• Economie verte-environnement (28%)
• Recherche et développement (29% du personnel de recherche) Agriculture (30%)
• Audit-conseil (35%).

Emmanuel Mba Ngono

Sources : Fondation Mode d’emploi, CIDJ & INSEE