L’Ambassade palestinienne trône au Brésil

Inaugurée, à Brasilia, le mercredi 1er février 2017. Au milieu des membres du gouvernement de Dilma Rousseff, des diplomates de différents pays arabes et bien d’autres invités présents, le représentant de l’Autorité palestinienne au Brésil, Ibrahim Alzeben, aurait vécu, pour l’ensemble de sa communauté, une intense émotion et des moments historiques extrêmement marquants.
La mission diplomatique palestinienne, couvre un site de plus de 1500 mètres carrés, offert par l’ancien président brésilien, Lula Da Silva. Un homme qui connaît un destin tout aussi singulier. L’immeuble, indéniablement, retient les regards des passants, car ses concepteurs et ses réalisateurs étaient bien conscients, d’accomplir un important devoir de mémoire, pour des générations passées, d’aujourd’hui et celles de demain.
La forme et la décoration de la toute jeune mission diplomatique ne relèvent point du hasard. Surmonté d’un dôme doré, le bâtiment, selon des personnes avisées, ressemble en fait à la mosquée al-Aqsa, située sur le Mont du Temple à Jérusalem.
La roue de l’histoire
La nouvelle ambassade couronne plus de quarante ans de relations diplomatiques qu’entretiennent les Palestiniens et le Brésil qui en 1975 a accordé à l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) de nommer des représentants à Brasilia. L’OLP était alors dirigée par son leader historique, Yasser Arafat décédé le 11 novembre 2004 en France. Pour le peuple palestinien la roue de l’histoire ne cesse de tourner. L’indépendance de la Palestine déclarée unilatéralement par le Conseil national palestinien est reconnue de nos jours par plus de 135 Etats dans le monde. La Palestine a également conquis sa place à l’Unesco en 2011, puis admise comme Etat observateur non-membre de l’ONU le 29 novembre 2012 par 138 voix pour et 9 contre et 41 abstentions.
La mission diplomatique palestinienne ouvre ses portes, au moment où le Brésil et Israël entretiennent un bras de fer engagé au mois de décembre 2015, lorsque la nomination du remplaçant de l’ancien ambassadeur d’Israël au Brésil, Dani Dayan est rejetée par les autorités brésiliennes. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou n’aurait pas grandement pris en compte le nouveau contexte politique brésilien et le passé de Dani Dayan qui fut un ancien dirigeant des colonies en Cisjordanie. Au moment où l’ancienne ambassadrice israélienne, Reda Mansour quittait Brasilia en décembre 2015, le gouvernement de Benyamin Netanyahou a laissé entendre qu’en rejetant la désignation de Dani Dayan comme nouvel ambassadeur, le Brésil s’expose à une dégradation des relations bilatérales qu’entretiennent les deux Etats.
Emmanuel Mba Ngono
Source : Yamar.org