La France qui attend un nouveau président

L’élection présidentielle française se déroulera le 23 avril 2017 pour le premier tour et le 7 mai pour le 2ème tour. Le scrutin est uninominal majoritaire à deux tours.

Il faudrait attendre le 21 mars prochain pour prendre connaissance de la liste officielle des candidats admis à participer au premier tour. Liste que publiera le Conseil constitutionnel. Au 10 mars 2017, 41 personnes avaient déjà reçu au moins un parrainage, tandis que sept candidats ont franchi le cap des parrainages validés. Il s’agit de : François Fillon, Emmanuel Macron, Nicolas Dupont-Aignan, Nathalie Arthaud, Marine Le Pen, François Asselineau.

La certitude connue de tous pour l’instant demeure que l’actuel président en exercice, François Hollande, n’est pas candidat à sa propre succession. Il a fait connaître officiellement sa décision le 1er décembre 2016 à 20 heures. Déclarant depuis l’Elysée, dans un discours d’une dizaine de minutes : « J’ai décidé de ne pas être candidat à la présidentielle, au renouvellement de mon mandat ». Par la suite, il a ajouté : « Je porte un bilan et j’en assume toute la responsabilité ».

D’après le politologue Eddy Fouguier, les élections sans président sortant, « qui se sont produites en 1969, en 1974 en 2007, ont été un peu différentes des autres. Elles ont contribué à un renouvellement du personnel politique avec des candidats qui se présentent pour la première fois à la présidentielle, qui appartiennent à une nouvelle génération et qui expriment une volonté manifeste de dépoussiérer la façon de faire de la politique (Giscard en 1974, ou Sarkozy en 2007). Ces élections ont aussi en grande partie favorisé le centre, en l’occurrence le centre droit avec Alain Poher, présent au second tour en 1969, la victoire de Valéry Giscard d’Estaing en 1974 et le bon score de 19 % réalisé par François Bayrou ».

Une économie souffrante
L’élection présidentielle française de 2017 va se dérouler dans un contexte peu rassurant, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. La France affronte l’insécurité, faisant face aux attentats terroristes islamistes. Il y a lieu de se souvenir des attaques du 7 au 9 janvier 2015, perpétrés dans la rédaction du journal Charlie Hebdo avec comme bilan, sept personnes assassinées et vingt blessées. Après des mois d’intervalle, la fête du 14 juillet 2016 est assombrie à Nice, par la mort de 86 personnes tuées par un camion volontairement dirigé vers la foule par Mohamed Lathouaiej-Bouhlel, de nationalité tunisienne. Le bilan enregistre également 286 blessés. L’auteur de cet attentat est abattu par les forces de l’ordre. La liste des attentats ne cesse s’allonger.

Sur le plan intérieur, la France est également confrontée à de nombreux défis dont la sécurité sociale, l’équilibre budgétaire, la dette publique, le chômage.

Dans l’ensemble, l’économie française est encore souffrante. Ce constat se dégage lorsqu’on prend en considération divers indicateurs parmi lesquels, la situation des comptes publics. Leur évolution ne connaît pas une progression satisfaisante, font remarquer la Commission européenne et la Cour des comptes. Par contre, la dette progresse. Elle représente 96 % du PIB, presque l’équivalent de la richesse produite en une année alors que la moyenne européenne est de 86 %.

De l’avis des observateurs, « Le déficit commercial français s’est encore aggravé en 2016. Les importations françaises sont restées quasi stables, en revanche les exportations déclinent, certains secteurs ont connu des passages à vide, c’est le cas de l’aéronautique, mais il y a aussi des secteurs en perte de vitesse à l’international, c’est le cas notamment de l’automobile.
Ce manque de dynamisme sur les marchés extérieurs met en évidence les faiblesses de l’industrie comme des services qui n’ont pas profité de la baisse de l’euro pour se projeter à l’étranger. Les déboires du commerce extérieur français ont un impact négatif sur la croissance
».

Embellies du marché de l’emploi

Le chômage a reculé en 2016, 150 000 emplois nets ont été créés, en grande partie grâce aux allégements de charge qui permettent aux entreprises de recruter plus facilement.
Le nombre de demandeurs d’emplois de catégorie A regroupant des personnes sans aucune activité reste stable depuis le mois décembre, soit 3 467 900 en janvier et pour la France métropolitaine, selon les chiffres publiés par Dares et Pôle emploi le 24 février dernier. Par rapport à décembre 2016, on compte 800 chômeurs de plus. Par contre, ce taux de chômage est en baisse de -2,5% par rapport au mois de janvier 2016, soit 89 300 demandeurs d’emploi en moins.
Mais dans l’ensemble, le taux de chômage demeure élevé, de l’ordre de 10 %, alors que beaucoup de pays européens sont au-dessous de 5 %. Ces pays ont de l’avantage parce qu’ils ont engagé des réformes libérales, à l’instar de l’Allemagne, du Royaume-Uni et des pays où la protection sociale est forte, comme le Danemark ou l’Autriche.
Hors de la France, l’élection de 2017 intervient dans un contexte dominé par le retrait du Royaume Uni de l’Union européenne. Les résultats du référendum britannique sur l’Europe suscitent en effet de nombreuses interrogations sur le devenir de l’Union européenne.

Par ailleurs, la crise migratoire, telle une épine sous le pied de l’Europe amène des citoyens, de plus en plus nombreux, à se laisser séduire par les vents protectionnistes. Bien plus, l’arrivée du président américain Donald Trump à la Maison Blanche continue de faire entretenir des incertitudes, voire des craintes sur la marche du monde, de plus en plus confrontée à la xénophobie et à la violence.
Emmanuel Mba Ngono
Sources : Wikipédia, RFI & Journal du net.