La destitution de la présidente sud-coréenne, Park Geun-hye, Confirmée par la Cour constitutionnelle

Le Premier ministre Hwang Kyo-ahn exerce tous les pouvoirs comme il le fait depuis le mois de décembre dernier. La prochaine élection présidentielle est programmée au mois de mai prochain.

Les juges de la Cour constitutionnelle ont entériné ce vendredi 10 mars 2017, à l’unanimité, le vote du parlement effectué le 9 décembre 2016. Les agissements de Mme Park « ont porté gravement atteinte à l’esprit (…) de la démocratie et de l’Etat de droit », a déclaré la présidente de la Cour, Lee Jung-mi et « la présidente Park Geun-hye (…) a été congédiée ». Dans la motion de destitution de la présidente Park Geun-hye figuraient en effet treize chefs d’accusation.

Comme tirant la conclusion, Lee Jung-mi, la présidente de la Cour constitutionnelle a déclaré : « Tout président doit user de son pouvoir dans le cadre de la Constitution et des lois et ses actes doivent être transparents. En ce qui concerne Park Geun-hye; elle a fait tout son possible pour camoufler les ingérences de Choi Soon-Sil dans les affaires de l’État ».

L’Assemblée nationale sud-coréenne avait balayé d’un revers de la main, la date du mois d’avril prochain proposée par l’ex-présidente pour quitter au pouvoir. Le calendrier politique prévoit la tenue dans soixante jours, donc au mois de mai prochain, de l’élection présidentielle Park Geun-hye, drevra libérer le palais présidentiel baptisé, la Maison Bleue.
Lorsqu’elle arrive au pouvoir en 2013, sous l’étiquette de son parti Saenuri ou Parti de la nouvelle frontière, il était très difficile d’imaginer que la présidence de Park Geun-hye, s’écroulera à la manière d’un château de cartes en ce jour du 10 mars 2017, au milieu des acclamations d’une foule de manifestants satisfaits à l’extrême. Traduisant dans les faits le nom de sa formation politique, c’est la toute première fois dans l’histoire de la Corée du Sud qu’un président quitte de manière humiliante le pouvoir. En fait, une nouvelle frontière franchie.

De la même manière que les musiciens en vue qui fêtaient son accession au pouvoir, sa chute est accueillie avec une satisfaction bruyante par ses opposants qui n’ont pas tardé à envahir les rues. « C’est le premier pas de nous débarrasser des vieux fantômes du passé », a déclaré un manifestant qui a tenu à justifier sa joie devant les médias. Afin de faire face aux manifestants regroupant les opposants et partisans du pouvoir déchu, la police a déployé 21.000 hommes aux abords de la Cour constitutionnelle.

Avant d’atteindre le fond de l’abîme qui s’effectue sous nos yeux, le film de la descente aux enfers de Park Geun-hye commence au mois de novembre 2016 dernier. L’une de ses proches, Choi Soon-Sil, qui se trouve être son amie d’enfance est accusée d’avoir touché des millions de dollars des grandes entreprises, grâce à l’entregent de l’ex-présidente. A la suite de ces accusations, les Sud-Coréens furieux déclenchent aussitôt une série de manifestations de rue au cours desquelles ils réclament la destitution de la présidente. Mêmes les excuses publiques présentées par Park Geun-hye n’ont produit aucun impact. Ses concitoyens viennent finalement d’atteindre leur objectif initial.

Avant de devenir la première femme de l’histoire de la Corée du Sud, Park Geun-hye était bien connue par les populations. Son père avait dirigé le pays de 1961 à 1979 à la suite d’un coup d’Etat.

Emmanuel Mba Ngono

Source : Presstv & You tube