Encore et toujours des massacres des Rohingyas

Rien que la semaine dernière, le Bangladesh a accueilli plus de 22.000 personnes de la communauté musulmane des Rohingya, qui fuient l’Etat de Rakhine au nord de la Birmanie. Ils sont victimes de nombreuses persécutions perpétrées par l’armée à cause de leur appartenance à la confession musulmane.
Cette nouvelle vague de violences que subissent une fois de plus les Rohingyas, a commencé en octobre dernier suite aux attaques perpétrées contre des postes-frontières birmans. De l’avis des observateurs, le gouvernement attribue ces attaquent aux musulmans, sans aucune preuve à l’appui.
Le rapporteur spécial de l’ONU pour la Birmanie, Yanghee Lee, a commencé le 20 janvier dernier une visite de douze jours pour enquêter sur les violences dans les zones contrôlées par l’armée birmane. La responsable onusienne a vivement condamné la répression militaire des musulmans birmans. « Cette population persécutée n’a pas accès au marché du travail, aux écoles et aux hôpitaux. Les Rohingyas sont considérés par l’ONU comme la minorité la plus persécutée dans le monde ».
Les dettes de l’histoire
Les Rohingyas sont un groupe ethnique de religion musulmane vivant principalement dans le nord de l’Etat d’Arakan dans le sud-ouest de la Birmanie. A cause de l’histoire, Les Rohingyas constituent aujourd’hui une minorité musulmane dans un État à majorité bouddhiste. Pendant la colonisation britannique, ils ont servi dans l’empire britannique lors de la première guerre qui l’opposait contre la Birmanie de 1824 à 1826. Ils s’aligneront une seconde fois derrière les Anglais lors d’une deuxième confrontation avec la Birmanie après la Seconde guerre mondiale. Et depuis l’indépendance de la Birmanie survenue en 1948, les Rohingyas semblent payer très chèrement les dettes de l’histoire.
Depuis 1962, les juntes militaires qui dirigent tour à tour le pays ont instauré la politique de la « birmanisation » qui rejette toutes les minorités ethniques, et n’accorde pas de nationalité aux Rohingas. Apatrides, ils sont excluent des 135 ethnies officiellement reconnues par l’Etat de Birmanie. Le gouvernement birman estime qu’avant 1824, date de l’arrivée des colons britanniques, dans leur pays, leur population était constituée de 135 ethnies. Les Rohingyas sont tout simplement un peuple étranger importé par les Britanniques.
Victimes de l’exclusion, les Rohinga subissent sans cesse de graves violations de leurs droits en tant que citoyens de notre monde : racisme, viols, tortures, meurtres, nettoyage ethnique…Face à cette situation, la solution reste l’exil dans les pays avoisinants tels que le Bangladesh, la Malaisie, la Thaïlande. La Malaisie et l’Indonésie, à majorité Musulmane, demeurent d’ailleurs deux destinations prisées par les Rohingyas.
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Emmanuel Mba Ngono
Source : http://www.presstv.ir/