Education Le châtiment par la méditation

Education                     Le châtiment par la méditation

La méditation comme forme de punition à infliger aux élèves qui font montre d’indiscipline prend progressivement corps dans des établissements scolaires états-uniens et français. Elle s’avère innovante et semble posséder plus de vertus que la colle bien connue des générations à travers le monde.  

Soumettre tout élève fautif à une longue méditation, la pratique vient des Etats-Unis d’Amérique. Grâce à l’association, Holistic Life Foundation, elle est appliquée pour la première fois au sein d’un établissement scolaire de Baltimore, dénommé, Robert W. Coleman Elementary school. L’expérience, fait-on remarquer, s’avère innovante et surtout elle est pleine de vertus, comparée à la traditionnelle colle, synonyme de privation de recréation ou de sortie dans les établissements scolaires. Une pratique bien connue par des générations d’élèves.

Les dirigeants de la Robert W.Coleman Elementary school se félicitent de l’impact positif de cette nouvelle forme de punition au sein de leur établissement. Ils constatent avec bonheur que les effectifs deviennent stables, les élèves de plus en plus disciplinés ne sont plus renvoyés. A la satisfaction des enseignants et des parents, l’établissement enregistre de meilleures performances par rapport aux années scolaires antérieures.

Les responsables de Holistic Life Foundation eux, ne sont pas surpris par ces résultats. Leur organisation a pour mission d’utiliser la méditation en vue de construire « le bien-être des enfants et des adultes dans les quartiers défavorisés ». Ses années d’expérience accumulent de nombreux succès, parfois inespérés auparavant.

Amener du positif

En France, c’est le collège Charles-de-Gaulle de Jeumont dans le département du Nord, région Hauts-de-France, qui a suivi cet exemple depuis la rentrée de septembre 2016. Les élèves qui s’écartent de la discipline sont invités à se livrer à la méditation en suivant les consignes d’un spécialiste de la méditation, afin qu’ils retrouvent le calme et la concentration nécessaires. Selon Marie-Aude Lanniaux, professeur de français qui s’est confiée à La Voix du Nord : « Le but, c’est d’amener du positif dans cette heure normalement dévolue à la sanction (…) J’ai remarqué que des élèves réfractaires à tout (l’apprentissage, l’autorité) se révélaient plutôt réceptifs. Certains se montrent plus apaisés, soulagés. Et à part une jeune fille qui avait du mal à lâcher prise, tous les élèves se prennent au jeu. Quant aux cours, ils se passent bien mieux. Les élèves sont plus attentifs. »

Cette nouvelle forme de « punition » a déjà ses partisans au sein de la communauté éducative française, qui militent pour son expansion. Pour des observateurs avertis, contrairement aux heures de retenues, la punition par la méditation transforme positivement l’élève qui, psychologiquement se plonge notamment dans le calme et la sérénité qui font partie des éléments indispensables, pour la maîtrise de tout être humain.

Nous sommes témoins que les débats rythment régulièrement la communauté éducative de France. Citons par exemple, l’interdiction de la vente et de la consommation des boissons alcoolisées au sein des établissements scolaires, instaurée par le gouvernement de Pierre Mendès France, en novembre 1954. Au cours des prochaines années, le choc des opinions sur la méditation comme forme de sanction à infliger aux élèves, donnera certainement aux partisans et adversaires, l’opportunité de mieux éclairer le public sur son impact pédagogique réel.

Emmanuel Mba Ngono

Sources: Holistic Life Foundation & Axel Leclercq – Positivr