Des microbes surdoués au secours de l’homme et des machines

Des microbes surdoués au secours de l’homme et des machines

Les spécialistes estiment en effet qu’il n’y a pas que des microbes pathogènes. Il existe aussi des microbes utiles, à l’instar des décomposeurs et des détritivores. Grands travailleurs infatigables et dociles, ils sont capables de remplacer l’homme et des machines dans de nombreuses tâches.

Par leur action, les décomposeurs dégradent des matières organiques mortes et les recyclent progressivement en éléments minéraux indispensables au processus de dégagement de l’oxygène qui joue un rôle essentiel chez l’homme, l’animal et les espèces végétales. Le monde grouillant des décomposeurs compte dans ses rangs   les bactéries, les insectes, les acariens, les champignons tels que les moisissures.

Travailleurs hyperactifs, grâce à une large variété d’enzymes dont ils disposent,

ils accélèrent la décomposition de la matière organique morte notamment les cadavres d’origine animale, végétale, fongique ou microbienne, et tous les déchets produits par les êtres vivants comme l’urine ou la sueur.

Ils brisent en tronçons plus petits et plus simples, des molécules organiques qui composent tous les déchets dégradables, divers tissus organiques tout comme ceux des plantes et autres reliefs. Ce tronçonnage moléculaire conduit à une décomposition complète des matériaux, et s’effectue en permanence, par exemple, dans des sols labourés par les vers de terre ou dans des environnements de forêts, riches en oxygène. Les résidus impossibles à briser forment l’humus.

Pendant ce processus, les décomposeurs eux aussi respirent, renvoient aux plantes du gaz carbonique et dégagent d’importantes quantités de chaleur. Ils restituent de ce fait au milieu extérieur la matière minérale constituée du gaz carbonique, de l’eau et des sels minéraux.

Aux côtés des décomposeurs, évoluent les détritivores. Ils forment quant à eux, le clan des mangeurs de détritus, à l’instar des   vers de terre, des asticots, des mille-pattes, des bousiers, des vautours, des champignons. Tirant leur énergie des cadavres et des déchets des autres organismes, les détritivores consomment des plantes herbacées et feuilles mortes ou arbres, le bois superficiel et les écorces en pourrissement.

Énorme intérêt

Par leur action, ils constituent le dernier maillon essentiel de la chaîne alimentaire, réseau complexe qui met en scène les plantes, les herbivores et les carnivores. Ce même réseau transforme la matière minérale en aliment indispensable pour les plantes vertes en tant que producteurs et capteurs d’énergie. En fait dans la chaîne alimentaire, les plantes sont broutées par des animaux, en tant que consommateurs primaires, les animaux à leur tour sont eux-mêmes dévorés par des carnivores classés dans la catégorie des consommateurs secondaires, voire tertiaires ou quaternaires. La chaîne alimentaire se referme sur elle-même avec une faune d’acteurs constituée de décomposeurs, de détritivores et de récupérateurs. Toutes ces bactéries, sans exception, dévorent les excréments et les cadavres, restituant au milieu extérieur le gaz carbonique, l’eau, les sels minéraux que fixeront à nouveau des plantes vertes.

Au bout de la chaîne alimentaire se situe l’homme. En se positionnant en fin de parcours, l’homme se trouve exposé aux risques d’intoxication ayant pour origine les produits de sa propre industrie, comme par exemple les insecticides, les pesticides, fongicides qui, dans de multiples cas se concentrent le long de la chaîne.

Il convient de saluer à juste titre le travail intense et permanent qu’abattent les détritivores tout le long de la chaîne. Ils transforment les feuilles des plantes en humus, tout comme les cadavres d’animaux et diverses catégories de déchets. Ils contribuent à la dégradation et donc au recyclage des éléments divers utilisés par les êtres vivants. Grâce à ce travail bienfaisant, les décomposeurs et les détritivores se situent au premier plan des principaux biodégradeurs de la nature. Sans eux, souligne la Fondation La main à la pâte, « Toute vie s’arrêterait sur Terre en quelques mois ou années selon les écosystèmes par accumulation des cadavres et déchets et par absence de recyclage (minéralisation) ».

Pour l’écologie des sols et l’industrie de la dégradation des ordures ménagères, les détritivores et les décomposeurs présentent un énorme intérêt. Certains spécialistes sont d’avis que bien de microbes sont « des travailleurs infatigables et dociles capables de remplacer l’homme ou des certaines machines dans de nombreuses tâches. La domestication de ces organismes, pensent-ils, sera appelée à un développement encore plus spectaculaire que celui des robots industriels, limités pour leur appétit énergétique ».

Il y a lieu de penser que si une telle domestication des microbes dites utiles devenait effective, on pourrait assister à la conversion de bon nombre de matériaux et sous-produits provenant soit des récoltes, soit de l’exploitation des végétaux, ou encore du monde animal, voire de l’industrie. Des matériaux actuellement jetés ou brûlés pourront être transformés et exploités à d’autres fins comme, par exemple, l’amendement ou l’enrichissement des sols en vue de favoriser la croissance et la santé des plantes.

Emmanuel Mba Ngono

Sources : fondation.lamp.org