Démission à l’ONU: La secrétaire exécutive de la CESAO quitte le bateau

La secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l’Asie de l’Ouest (CESAO), Mme Rima Khalaf, a démissionné de ses fonctions, à la suite de la publication, par l’institution qu’elle dirige depuis 2010, d’un rapport sur la Palestine. Le document met en lumière la situation désastreuse infligée aux Palestiniens par l’Etat d’Israël.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a annulé la publication du rapport de la CESAO, intitulé, « Les pratiques d’Israël envers les Palestiniens et la question de l’apartheid ». Ledit rapport soulignait que l’Etat d’Israël a mis en place un véritable système d’apartheid, sur les territoires palestiniens occupés. Chez les Américains et les Israéliens, le contenu de ce document a provoqué de vives réactions. Washington a annoncé que les USA seront absents aux débats du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU abordant la situation qui règne sur les territoires occupés. Rex Wayne Tillerson, le chef de la diplomatie américaine, a menacé de quitter le Conseil de sécurité si ce dernier n’effectuait pas de modifications observables au profit d’Israël.

A la suite de la censure du rapport de la CESAO, sa secrétaire exécutive, Mme Rima Khalaf, a démissionné. Elle occupait ce poste depuis le 16 septembre 2010, avec rang de Secrétaire générale adjointe. Elle souligne notamment dans sa lettre de démission adressée au Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qu’elle n’est pas insensible aux attaques vicieuses et aux menaces qui pèsent sur les Nations Unies de la part d’importants Etats Membres en réponse à la publication du rapport de la CESAO.

Sous la pression des criminels
« C’est mon devoir envers les peuples que nous servons, envers les Nations Unies et envers moi même, de ne pas retirer un témoignage honnête sur un crime en cours qui est à la racine de tellement de souffrances humaines », souligne-t-elle dans sa lettre de démission.
« Il est normal que des criminels mettent la pression et attaquent ceux qui défendent la cause de leurs victimes. Je ne peux pas me soumettre à une telle pression».

Prenant et l’histoire et le monde à témoin, Mme Rima Khalaf rappelle que « les peuples de cette région vivent une période de souffrance inégalée dans l’histoire moderne, et que le nombre considérable de catastrophes aujourd’hui résulte du flot d’injustices qui furent ignorées, camouflées ou ouvertement approuvées par des gouvernements puissants à l’intérieur et à l’extérieur de la région. Ces mêmes gouvernements sont ceux qui vous mettent la pression pour faire taire la voix de la vérité et l’appel pour la justice présentés dans ces rapports ».

Emmanue Mba Ngono
Source:investigation.net